Conseil National de l'Ordre des Architectes :
Voir les Non lu | Plus vieux en premierReconduction du partenariat entre le CNOA et l’association CM2C
Conseil National de l'Ordre des Architectes par Sophie Dedrie le 24/03/2025 à 15:23:00 - Favoriser || Lu/Non lu
Pour rappel, depuis le 1er janvier 2016, tout consommateur a le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation pour résoudre un litige avec un professionnel. Cette procédure amiable est obligatoire pour tous les professionnels, y compris les architectes, qui doivent impérativement indiquer dans leurs contrats le nom et les coordonnées du médiateur qu’ils ont désigné.
Le non-respect de cette obligation expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale, conformément à l'article L. 641-1 du Code de la consommation.

Médiation de la consommation
Le Conseil national de l'Ordre des architectes (CNOA) reconduit pour une durée de trois ans son partenariat avec le Centre de la Médiation de la Consommation des Conciliateurs de Justice (CM2C).
Grâce à ce partenariat, les architectes bénéficient de la prise en charge intégrale des frais d'adhésion par le CNOA et de tarifs préférentiels sur le coût des médiations éventuelles (entre 30 € HT et 300 € HT selon le mode de traitement du dossier).
Procédure à suivre pour adhérer au CM2C et profiter des avantages associés :
- Faites un clic sur : https://www.cm2c.net/inscription-professionnel.php (ou copiez le lien correspondant dans votre navigateur)
- Sélectionnez "OA (Ordre des architectes)" comme fédération adhérente
- Saisissez le code que vous a communiqué le service juridique du CNOA après vérification de votre inscription au Tableau
- Remplissez le formulaire d’adhésion en sélectionnant les options : "IMMOBILIER, LOGEMENT", puis "C02 – TRAVAUX D'ARCHITECTURE MAÎTRISE D'ŒUVRE" dans la rubrique "Votre secteur économique"
À noter que vous conservez la liberté de choisir un autre médiateur de la consommation si vous le souhaitez.
En cas de litige, le médiateur désigné pourra être saisi afin de parvenir à un règlement amiable.
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Je démolis un bâtiment qui abrite des espèces protégées. Que dois-je faire ?
Conseil National de l'Ordre des Architectes par Sophie Dedrie le 21/03/2025 à 14:08:00 - Favoriser || Lu/Non lu
La destruction d’un bâtiment est toujours synonyme de destruction d’habitat pour les humains, mais parfois aussi pour les animaux qui y vivent. La loi impose la protection des espèces inféodées au bâti comme les martinets noirs, les hirondelles de fenêtre, les moineaux domestiques ou les chauves-souris lors de ces chantiers (article L.411-1 et suivants du code de l’environnement).
Les règles générales à suivre par les architectes pour prendre en compte la biodiversité dans les projets sont présentées dans une fiche technique publiée conjointement avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). Cette fiche fait partie d’un guide présentant :
- Les éléments à prendre en compte dans un avant-projet
- Comment éviter les délais sur un chantier
- Comment recruter des entreprises qualifiées
- Quelles solutions techniques déployer
Mais il existe aussi des solutions destinées à la démolition plus spécifiquement. L’ANRU a pu en mettre en place sur le site pilote de Liévin, près de Lens dans le Pas-de-Calais, où un programme de renouvellement urbain a conduit à la démolition de 8 résidences.
Une étude du site a constaté la présence de dizaines de nids d’hirondelles de fenêtre, de quelques nichoirs de martinets noirs et de moineaux domestiques. Les mesures d’évitement des dommages ou de réduction étant limitées dans le cadre d’une démolition, le bailleur a fait appel à la LPO locale pour l’assister dans le développement de mesures de compensation.
Elles ont conduit à :

Démolition de bâtiment
Le renouvellement du cadre bâti impose çà et là des déconstructions, avec ou sans reconstruction. Des solutions existent pour protéger les espèces inféodées au bâti lors de ces chantiers, comme la loi y oblige.
L'installation d'équipements favorisant les oiseaux
Pour la destruction des nids, le bailleur l’a compensée avec l’installation de 3 tours à hirondelles de fenêtre, chacune avec 32 nids artificiels et des emplacements pour création naturelle de nids. Sur les bâtiments proches qui lui appartenaient, il a installé des nids artificiels pour hirondelles, et des nichoirs pour martinets et moineaux.
En plus de l’aménagement de nids prêts à être colonisés, il s’agit aussi de créer un écosystème favorable. Là, le bailleur a installé une repasse simulant le chant des hirondelles pour les attirer vers les tours, des bacs à boue fournissant aux oiseaux le matériau pour construire leurs propres nids, ainsi que des prairies fleuries sur site pour fournir de la nourriture.
L'adaptation du planning des travaux
Bien que compenser des dommages soit important, il s’agit d’éviter d’en causer autant que possible avant toute chose, et de réduire ceux qui peuvent l’être. Une mesure de réduction qui requiert une attention particulière est le phasage des travaux pour les adapter aux périodes de nidification des oiseaux. Démolir pendant leur période de reproduction détruirait les nids ainsi que deux générations d’oiseaux, d’un coup de pelleteuse.
À Liévin, l’ANRU a installé une partie des mesures de compensation présentées plus tôt avant le 31 mars 2025 pour qu’elles soient déjà prêtes lors de l’arrivée des hirondelles (qui sont des oiseaux migrateurs, généralement présents d’avril à septembre). Dans le même temps, les nids présents sur les bâtiments à démolir ont été détruits, et des filets de protection ont été installés pour empêcher les oiseaux de revenir construire leurs nids sur ces résidences. La démolition des immeubles peut donc n’être associée qu’à la destruction d’habitats, mais pas d’individus. Elle peut commencer après le 31 mars.
L'accompagnement des mesures
Enfin, le succès des mesures mises en œuvre passe aussi par leur accompagnement. La sensibilisation des habitants du quartier et du maître d’ouvrage, par de la communication ou des réunions, permet d’éviter les dégradations de nids et d’encourager des habitudes de cohabitation.
L’accompagnement des mesures se concrétise aussi par le suivi du chantier par un diagnostiqueur, avec des visites de site aux moments clés, puis pendant quelques années après la fin du chantier pour constater l’efficacité ou non des mesures. À Liévin, le suivi se concrétise par 3 visites par an pendant 5 ans.
La réussite des mesures déployées est essentielle, car la loi donne au maître d’ouvrage une obligation de résultat. Un accompagnement de qualité est donc dans l’intérêt de tous, animaux et maître d’ouvrage inclus. L’accompagnement par un AMO biodiversité est utile à tout type de chantier.
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Participez au webinaire "Habitat participatif : quels enjeux pour les architectes ?"
Conseil National de l'Ordre des Architectes par Sophie Dedrie le 21/03/2025 à 12:20:00 - Favoriser || Lu/Non lu

Habitat participatif : quels enjeux pour les architectes ? / architectes : Sylvie Detot et atelier Ostraka
Dans un environnement à rendre toujours plus résilient, nos exercices professionnels se réinventent : l’habitat participatif et la "maîtrise d’usage" deviennent une réponse incontournable à l’aménagement des territoires.
La rédaction par l’Ordre des architectes d’une clause contractuelle destinée à cadrer ces nouvelles pratiques accompagne l’évolution de la profession. Ce Webinaire proposera un état des lieux et dessinera les contours du champs d’interventions des architectes.
Programme :
Animation du webinaire par Frédéric Poulat, conseiller national de l’Ordre des architectes.
- Pierre-Charles Marais, architecte, co-président d’Habitat Participatif France, AMO habitat participatif à Regain
- Pauline Hay, architecte DE, Associer (anciennement Atelier Philippe Madec)
- Carine Mari-Lerays, urbaniste, maître de conférence associée à l’ENSA Nantes
- Bruno Foucal, architecte, Architruk, AMO habitat participatif à Echafauder
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Rencontre avec Philippe Prost pour une visite exceptionnelle
Conseil National de l'Ordre des Architectes par Sophie Dedrie le 20/03/2025 à 11:11:00 - Favoriser || Lu/Non lu

Philippe Prost, Grand prix national de l'architecture 2022, et Christophe Millet, président de l'Ordre des architectes, entourés des conseillers nationaux, des présidents des conseils régionaux et présidents des ENSA
Merci à Philippe Prost, Grand Prix national de l’architecture 2022, et à Catherine Seyler, directrice de l’Atelier d’architecture Philippe Prost, qui ont accueilli l'Ordre des architectes mercredi 19 mars à la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris, pour visiter l’exposition "Philippe Prost, architecte – La mémoire vive".
L'architecture est un sport collectif
Depuis 30 ans, Philippe Prost et son atelier transforment le patrimoine ordinaire, bâti ou non bâti, grâce à de belles relations entre la maîtrise d'œuvre et la maîtrise d'ouvrage.
L’exposition de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, qui a fermé ses portes dimanche 23 mars, retrace l’activité de l’architecte au travers de grandes thématiques, telles que la rencontre avec l'histoire, la transformation du lieu, le changement d'usage ou encore le dialogue avec le site.
Rencontrer l'histoire
C’est sur la citadelle de Belle-Île-en-Mer que Prost expérimente pour la première fois la notion de temporalité à l’échelle architecturale. Ce projet lui permet de comprendre que chaque bâtiment est une œuvre en évolution permanente.
En intervenant dans un édifice ancien, l’architecte ne cherche pas à le figer dans le passé, mais à lui redonner une nouvelle vie. Son intervention est guidée par une lecture attentive des structures existantes et une économie de moyens qui résonne avec les enjeux écologiques actuels.
Transformer au lieu de détruire
Transformer plutôt que démolir est chez Prost un choix qui va de pair avec une réflexion sur l’économie de moyens, une logique qui privilégie la préservation du patrimoine bâti plutôt que la consommation de nouveaux matériaux.
À Saint-Germain-en-Laye, l’architecte retire les ajouts dissonants, la circulation est clarifiée et les matériaux choisis viennent dialoguer avec l’ancien.
Changer l'usage, préserver l'esprit
Pour la Briqueterie de Vitry-sur-Seine, dernier vestige d’une ancienne usine de briques, Prost a imaginé de nouveaux usages.
Le bâtiment du XIXe siècle, autrefois destiné à la production industrielle, est aujourd’hui un centre dédié à la danse contemporaine. La structure en fer et briques est conservée tout en intégrant des studios de répétition dans les volumes du bâtiment d’origine.
Dialoguer avec le site
Grâce au choix des matériaux employés, le métal à la Monnaie de Paris et la tuile vernissée à la Cité des Électriciens, Prost ancre ses projets dans une continuité avec le lieu tout en les ouvrant aux besoins d’un usage actuel.
Conçu pour réunir les noms des 600 000 soldats morts dans le Nord-Pas-de-Calais pendant la Première Guerre mondiale, l’Anneau de la Mémoire de Ablain-Saint-Nazaire se fond dans le paysage tandis que le béton fibré, utilisé, crée une continuité entre le monument et son environnement naturel.
Le Grand Prix national de l'architecture récompense un architecte, ou une équipe d'architectes, pour l'ensemble de son œuvre. Ce prix, qui est remis tous les deux ans, est l'occasion de reconnaître et de faire connaître une démarche exemplaire d'architecte.
Merci aussi à Julien Bargeton, président de la Cité de l'architecture et du patrimoine, qui a fait les honneurs du musée national à Christophe Millet.
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Nouveau Plan national d’adaptation au changement climatique : quels changements pour les architectes ?
Conseil National de l'Ordre des Architectes par Sophie Dedrie le 19/03/2025 à 16:52:00 - Favoriser || Lu/Non lu

Plan national d’adaptation au changement climatique - campagne audomaroise
Le gouvernement a présenté lundi 10 mars le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3).
Ces 52 mesures doivent adapter la France aux évolutions du climat des prochaines années et décennies, dont un réchauffement attendu de +4°C en 2100.
L’évolution du climat suit une trajectoire
Les changements climatiques impactent déjà la France. Ce n’est pas qu’un enjeu du futur, il concerne aussi notre présent et notre passé. 9 des 10 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, 313 communes ont été déclarées en état de catastrophe naturelle lors des inondations dans les Hauts-de-France l’an dernier, Mayotte vient de subir un cyclone dévastateur dont les conséquences se feront sentir pendant des années, etc. Certaines des options politiques qui étaient à notre disposition ne le sont plus, faute d’avoir agi à temps.
Et ce n’est que le début. Le climat dans l’hexagone sur la dernière décennie était 1,7°C plus chaud qu’il y a 100 ans, et il va continuer de se réchauffer. En 2023, le gouvernement a retenu une « trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique » (TRACC). C’est un scénario de réchauffement fondé sur le consensus scientifique. Il pose des étapes de réchauffement à +2°C en 2030, +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100 dans l’hexagone (l’an dernier, le Secrétariat général à la planification écologique estimait les coûts directs en 2100 d’un tel réchauffement à 10% du PIB, si nous ne mettions pas en place des mesures de prévention).
Le Conseil national de l’Ordre des architectes se veut moteur sur ce sujet, notamment depuis la publication du plaidoyer « Habitats, Villes, Territoires, l’architecture comme solution » en 2022, et a fortiori depuis le vote d’une stratégie d’adaptation en décembre dernier, déjà expérimentée à Mayotte après le cyclone Chido, et qui va se poursuivre sur les prochains mois puis années.
Le plan du Gouvernement pour s'y adapter
Le PNACC-3 qui vient d’être publié par le Gouvernement vise l’adaptation de tous les domaines sociaux et économiques, de toutes les politiques publiques, aux répercussions qu’auront ces évolutions probables du climat.
Il propose 52 mesures, déclinées en 200 actions, concernant différentes échéances en 2030, 2050 et 2100. Elles concernent tous les domaines et répondent à plusieurs risques comme :
- La chaleur.
- La destruction des écosystèmes.
- La perturbation du cycle de l’eau, avec des pluies plus rares, parfois plus intenses, et des sécheresses plus longues, fréquentes et intenses.
- L’érosion des sols dans l’hexagone.
- Les cyclones dans les Outre-mer.
Pour le secteur du bâtiment, les risques principaux sont :
- L’augmentation des inondations (+20% à cause des pluies en 2100, des dégâts liés à la submersion marine multipliés par 100 en 2100).
- L’augmentation du retrait-gonflement des argiles (+44% de sinistralité annuelle moyenne en 2050).
- L’augmentation des incendies (la moitié des forêts françaises en risque élevé de feu plus de 30 jours par an en 2050).
- L’augmentation de la chaleur dans les villes et les bâtiments (« d’ici la fin du siècle, des pics supérieurs à 50°C sont probables tandis que les vagues de chaleur pourraient s’étaler sur des périodes supérieures à deux mois en été, avec des sévérités bien supérieures à celles connues aujourd’hui et une intensité en hausse de 6°C ». Dans le Sud, jusqu’à 100 nuits tropicales par an deviendraient communes).
- L’érosion du littoral (450 000 logements concernés en 2100, répartis sur 20% du littoral).
Le PNACC-3 prévoit des mesures d’adaptation déclinées dans tous les territoires : les effets des changements seront très disparates d’un endroit à l’autre. Cela passera par exemple par les conférences climat régionales, des « référents adaptation » dans chaque préfecture ou encore 100 intercommunalités pilotes sur l’adaptation. Il invite aussi à un développement de la culture du risque.
Par ailleurs, une des mesures prévoit que chaque collectivité territoriale intègre progressivement la trajectoire de réchauffement de référence et prévoit des mesures d’adaptation dans ses documents de planification. Planifier sans prendre en compte l’évolution du climat ne doit plus être possible. L’architecture répond parfaitement à cette mesure, en apportant des solutions aux élus pour définir des projets urbains soutenables, réencastrés dans leurs contextes climatiques, territoriaux, économiques, culturels et patrimoniaux. À ce titre, le « PLUi pour tous » de Billom Communauté, dans le Puy-de-Dôme — auquel l’atelier de Montrottier, Loïc Parmentier & Associés a contribué — est une source d’inspiration.
Les compétences des architectes sont reconnues par le Plan
Les architectes ont des compétences essentielles à la réussite de l’adaptation de notre cadre de vie. Le Conseil national de l’Ordre des architectes a pu partager sa vision lors de la concertation organisée par le Gouvernement sur le PNACC-3 l’automne dernier, et défendre le rôle de premier plan que doivent avoir les architectes. Des propositions au service de l’architecture plus largement ont aussi été retenues, comme sur le confort d’été ou les solutions low tech.
Le Gouvernement a reconnu la place particulière des architectes sur plusieurs points. Pour la gestion du risque incendie, il compte publier des fiches techniques « Dispositions constructives », dont le but sera de faciliter le travail des architectes par des solutions techniques de prévention.
Sur la réhabilitation énergétique du patrimoine et du bâti ancien, le Gouvernement s’adresse aux Architectes des bâtiments de France. Il compte faire évoluer les documents de gestion des sites patrimoniaux remarquables pour mieux intégrer les systèmes de protection solaire, et publier des recommandations permettant de concilier protection solaire et qualité architecturale et patrimoniale.
Enfin sur les sujets de la végétalisation, du génie écologique et des solutions d’adaptation fondées sur la nature, le PNACC-3 propose une concertation avec les filières professionnelles (dont les architectes) dans le cadre du Plan Nature en ville, pour renforcer la formation et faciliter la montée en compétences. Les architectes doivent contribuer à « la fabrique d’espaces de nature qui adaptent la ville au changement climatique et qui y soient adaptés ». C’est un point que l’Ordre défend depuis plusieurs années, notamment par son implication dans le Plan nature en ville (ce qui a donné lieu à la publication du guide Rénovation du bâti et biodiversité).
Les architectes sont des acteurs essentiels à l'adaptation
Plus largement, même lorsqu’ils ne sont pas mentionnés explicitement, le PNACC-3 représente déjà de nombreux projets d’adaptation auxquels les architectes peuvent contribuer. La première mesure du Plan est l’augmentation de 30% du Fonds Barnier, financeur des projets de prévention des risques naturels majeurs, pour le passer à 300 millions d’euros par an.
Pour des territoires exposés au recul du trait de côte, cela représente le financement de politiques de recomposition de la bande côtière, avec des contrats pour l’adaptation des bâtiments les plus exposés, mais aussi pour l’aménagement de nouvelles infrastructures dans l’arrière-pays. Un exemple concret serait le déménagement du village de Miquelon, vulnérable au risque de submersion marine, qui doit être accompagné financièrement par le Fonds Barnier.
Les politiques d’adaptation au risque d’inondation vont également avoir le vent en poupe. Mais il ne s’agit pas de définir des plans autonomes dédiés uniquement aux inondations, il s’agit plutôt de recomposer un territoire dans son ensemble pour qu’il puisse devenir d’un seul geste résilient face aux risques (multiples) ainsi que plus cohérent et agréable. De tels projets vont avoir vocation à se multiplier et à faire appel aux architectes.
Sur tout le territoire, l’enjeu numéro un sera sans doute l’adaptation à la chaleur et la préservation du confort d’été. Architecture bioclimatique, low tech, écomatériaux et végétalisation sont autant de solutions que les architectes vont pouvoir massifier par leur participation au chantier national pour la rénovation des bâtiments. Chaque contexte sera porteur de solutions différentes. C’est ce que l’on constate avec la réhabilitation de la caserne Exelmans à Paris, où brunquell & andré architectes ont misé sur la végétalisation des espaces extérieurs, la création d’appartements traversants et la solidarité — grâce à un programme mixte incluant du logement social, un centre d’hébergement d’urgence, des bureaux, un local associatif. Dans un autre contexte, à Bordeaux pour la rénovation de 530 logements du Grand Parc, l’agence Lacaton & Vassal a misé sur la qualité des enveloppes, l’ajout de jardins d’hiver et de balcons en extension, pour améliorer d’un seul geste confort et performance énergétique.
Et ce ne sont là que quelques exemples. Les architectes mettent déjà en œuvre sur tout le territoire des projets vertueux et exemplaires pour adapter notre cadre de vie aux nouvelles conditions climatiques.
Un cadre qui reste à définir
Si le PNACC-3 comporte de nombreuses mesures intéressantes et pertinentes, deux points essentiels font encore défaut. D’une part, il ne s’agit pour l’instant que d’un plan et pas d’un cadre juridique contraignant. Les différentes actions proposées devront être travaillées par leurs responsables désignés ; elles se traduiront — ou non — en actions concrètes au cas par cas.
D’autre part, les financements mobilisés restent bien inférieurs aux besoins. Le fonds Barnier est augmenté de plusieurs dizaines de millions pour atteindre 300 millions d’euros, mais les 260 millions d’euros du fonds vert ne sont que redirigés vers l’adaptation, au détriment d’autres projets. Même chose pour le milliard d’euros du budget des agences de l’eau qui sera fléché vers l’adaptation. Des financements européens pourront aussi être obtenus, mais ce travail reste à faire.
Après avoir contribué à la définition des orientations du PNACC-3, le Conseil national de l’Ordre des architectes s’investira aux côtés de tous les acteurs pertinents sur la mise en œuvre d’actions concrètes. De plus, à l’instar du Plan du gouvernement, la stratégie d’adaptation des architectes doit se décliner dans les territoires. Un travail qui sera mené en concertation avec les Conseils régionaux de l’Ordre des architectes : l’architecture comme solution doit se concrétiser partout.
Plan national d'adaptation au changement climatique