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Théorie délibérative des valeurs

OpenEdition Books - Architecture par Éric Dacheux et Daniel Goujon le 06/07/2026 à 00:00:00 - Favoriser ||  Lu/Non lu

« Tout ce qui a son prix est de peu de valeur », affirmait Nietzsche. Pourtant, aujourd’hui, tout se passe comme si la valeur économique résumait les valeurs de notre société pour être la seule mesure du bien-être. Cette domination nous place devant une triple crise : écologique, démocratique et économique. Écologique car la valeur économique ne permet pas de prendre en compte la complexité du vivant. Démocratique car les débats politiques sont soumis aux lois de la valeur économique, ce qui oriente le débat, légitime les inégalités et interdit une remise en cause radicale du mode de vie. Économique parce que la création de valeur repose, aujourd’hui encore, sur l’idée absurde qu’une croissance infinie sur une planète finie est possible. Ainsi, ouvrir le débat sur les valeurs – se poser la question à quoi tenons-nous ? – c’est se donner les moyens de penser le monde de demain. Un monde écologique nécessite de passer de la suprématie de la valeur travail à un travail démocratique sur les valeurs. À condition cependant de sortir de nos démocraties représentatives à bout de souffle pour emprunter la voie de la participation et de la délibération. Dans cette perspective délibérative, il n’y a pas de valeur qui échappe au débat collectif : ce qui constitue le vivre ensemble est un choix de société. In fine, la valeur économique, comme toutes les valeurs, n’est ni objective ni subjective mais le fruit de choix démocratiques. Il est temps de passer de la valeur travail à un travail sur les valeurs.

Les universitaires au pouvoir ?

OpenEdition Books - Architecture par Manuel Cervera-Marzal et David Copello le 03/07/2026 à 00:00:00 - Favoriser ||  Lu/Non lu

Depuis plusieurs décennies, la figure de l’intellectuel engagé semblait s’être effacée au profit de celle de l’expert ponctuellement sollicité par les gouvernants. Pourtant, l’actualité suggère un retour en force des universitaires dans l’arène politique. Comment comprendre cette reconfiguration des liens entre savoir savant et action partisane ?À travers des enquêtes et des témoignages, ce livre explore les formes contemporaines de l’engagement des chercheurs en sciences sociales, en particulier à gauche. Les contributions interrogent la place des universitaires dans les partis, les mouvements sociaux et les campagnes électorales, ainsi que la manière dont leurs savoirs circulent, se transforment ou se dévaluent dans le champ politique.Du Parti socialiste à Podemos, des féministes libertaires berlinoises aux intellectuels de La France insoumise, en passant par les chercheurs devenus élus, l’ouvrage dresse un panorama inédit de la politisation des savoirs et savoir-faire académiques.

Écriture de soi et autorité

OpenEdition Books - Architecture par Jean-Pierre Castellani le 03/07/2026 à 00:00:00 - Favoriser ||  Lu/Non lu

Nombreux sont ceux qui ont essayé de comprendre, d’analyser et de mesurer les stratégies de l’écriture de « soi », cette irrépressible tentation chez l’être humain de donner un corps à sa voix et de se raconter à un autre. La question des modalités de l’énonciation dans le discours autobiographique renvoie à celle, fondamentale, de l’expression libre ou non de ce discours. A ce moment, le point de vue exclusif du « moi » se complique par la présence active, et peut être espérée secrètement par celui qui écrit, d’un autre « moi », celui du lecteur.Ce livre interroge la notion polysémique et interdisciplinaire d’autorité. Il aborde aussi bien des ouvrages rédigés en langue française qu’espagnole, à des époques et dans des circonstances très variées. Il offre un éclairage nouveau sur l’écriture de « soi » trop souvent réduite à une simple confession complaisante ou narcissiste.Par des réflexions qui touchent des domaines à la fois politiques, historiques, autobiographiques, linguistiques ou épistolaires, cet ouvrage cherche à dépasser la stratégie d’ambiguïté qui est inhérente à ces discours.

Didon se sacrifiant d'Étienne Jodelle

OpenEdition Books - Architecture par Charlotte Bonnet, Anne Boutet, Christine de Buzon et Elise Gauthier le 03/07/2026 à 00:00:00 - Favoriser ||  Lu/Non lu

De l’œuvre tragique d’Étienne Jodelle (1532-1573), seules deux pièces nous sont parvenues. Cléopâtre captive, première tragédie en français représentée en France, reçut un triomphe lors de sa représentation devant le roi en 1553. Didon se sacrifiant, composée et jouée vers le milieu des années 1550, annonce par son titre un sujet élevé mais profane et un fort intertexte virgilien. Ce titre fait aussi écho à celui d’une tragédie sacrée, Abraham sacrifiant (1550) de Théodore de Bèze, représentée à Lausanne.Pour Jodelle, le sacrifice de Didon, auquel Énée aurait consenti au nom de la religion et des intérêts supérieurs de l’empire romain à fonder, n’allait pas de soi. Dans cette première tragédie reprenant le mythe de Didon et d’Énée, l’acuité de la réinterprétation du jeune dramaturge s’appuie ainsi sur l’héritage épique, mais aussi sur une haute conception de la parole et sur un langage poétique capable d’énoncer avec force, voire violence, les passions, les raisons et la déraison.Les deux tragédies de Jodelle n’ont été publiées que par ses amis, l’année qui suivit sa mort, dans les Œuvres et Meslanges poetiques de 1574, mais leur influence sur la tragédie en français dans les années mêmes de sa création fut considérable.

L'effacement selon Nabokov

OpenEdition Books - Architecture par Alexia Gassin et John Pier le 03/07/2026 à 00:00:00 - Favoriser ||  Lu/Non lu

L’écrivain Vladimir Nabokov, de par son jeu autour de l’enchâssement des motifs et de sa tendance à la mystification, ne cesse de fasciner le lecteur jusqu’à provoquer son indignation. Ce sentiment apparaît tout particulièrement au lendemain de la parution des romans Lolita (1955) et The Original of Laura (2009) qui, pour des raisons différentes, sont à l’origine d’un véritable scandale.Face à d’aussi vives émotions, les auteurs de l’ouvrage proposent, dans un esprit de méthode, une mise au point quant aux réactions suscitées à la sortie des deux livres. Spécialistes de l’œuvre de Nabokov et/ou de narratologie, ils étudient ainsi les liens entre le premier roman de Nabokov, qui lui permit de devenir célèbre aux États-Unis, et la publication inachevée et posthume de l’écrivain, et ce en dépit de la volonté de ce dernier de voir le roman détruit au lendemain de sa mort. Ces réflexions, qui se distinguent par leur complémentarité, tournent autour d’une question qui s’impose, celle de l’effacement.Ce livre est donc susceptible d’apporter une aide appréciable aux chercheurs et aux étudiants initiés à la poétique de Nabokov dans la mesure où il contribue à approfondir l’analyse des réseaux intertextuels, génétiques, esthétiques et éthiques de deux romans considérés comme inconvenants.