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OpenEdition Books - Architecture :

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Compter et classer

OpenEdition Books - Architecture par Paul Schor il y a 23 h et 40 min - Favoriser ||  Lu/Non lu

Le recensement se limite-t-il à une enquête démographique ou constitue-t-il aussi un acte politique ? Pourquoi une même personne peut-elle être classée comme noire en 1900, mulatto en 1910, puis blanche en 1920 ?L’histoire des catégories utilisées par les recensements américains renvoie à celle d’un pays dont l’identité est intimement liée à une interrogation continue sur la composition même de sa population, aux contours très mouvants. Esclavage, immigration et classifications raciales sont autant de lignes de fracture de la société américaine qui traversent le recensement.En retraçant les évolutions des catégories pour compter et classer la population des États-Unis de 1790 à 1940, Paul Schor s’interroge sur le rôle mais aussi sur les enjeux politiques et sociaux des statistiques démographiques. Loin d’être seulement un reflet de la société ou un simple instrument du pouvoir, les recensements sont en réalité l’objet de négociations complexes entre l’État, les experts et la population elle-même.Au-delà des statistiques raciales ou ethniques, l’histoire du recensement pose donc la question de ce qu’est une catégorie et comment elle s’incarne dans une société particulière, les États-Unis d’Amérique.

La frontière épaisse

OpenEdition Books - Architecture par Sabine Dullin il y a 23 h et 40 min - Favoriser ||  Lu/Non lu

Pour ne pas perdre l’Ukraine, Staline exige en 1932 que l’on en fasse une « forteresse ». L’obsession des frontières est une constante de l’histoire de l’URSS. Animés par la volonté d’exporter la révolution tout en étant hantés par la vulnérabilité de leur territoire, Lénine puis Staline n’auront de cesse d’épaissir leur frontière. Création de zones tampons et de zones interdites, instrumentalisation des minorités nationales, consécration du garde-frontière en héros patriotique : comprendre ce qui se joue à la frontière dans l’entre-deux‑guerres, c’est éclairer les évolutions ultérieures de la guerre froide, du bloc soviétique et du rideau de fer.Cette étude, enrichie de nombreuses cartes inédites, saisit les multiples facettes des frontières, lieu de confrontation et de coopération où interagissent individus, administrations et idéologies. Sabine Dullin y décrit une double relation, celle d’un régime politique à son territoire et celle d’un État à ses voisins, dans le contexte d’un projet politique subversif et déstabilisateur. Son livre offre une contribution majeure à une autre histoire, transnationale, de la Russie au xxe siècle.

Rituels du pouvoir à Lima

OpenEdition Books - Architecture par Pablo Ortemberg il y a 23 h et 40 min - Favoriser ||  Lu/Non lu

Baptisée « Cité des Rois », Lima constitue au xviiie siècle le principal bastion de la Monarchie espagnole en Amérique du Sud. La capitale se signale aussi comme le centre civilisateur et politique le plus important dans cette partie du continent, en témoigne l’ampleur de sa cour. Comment a-t-elle donc pu devenir, lors de l’Indépendance du Pérou, l’« héroïque et dévouée Cité des libérés » ? Dans quelles conditions le vice-roi qui y siégeait a-t-il cédé sa place à un autre type d’autorité suprême ? Et le roi, à la Nation ?Pablo Ortemberg décrypte les rituels politiques à partir desquels l’autorité royale et les hiérarchies sociales se sont construites au Pérou, suivant des modèles plutôt stables lors de la période vice-royale des derniers Bourbons. Derrière une volonté d’immuabilité, se trouve cependant une vaste gamme d’acteurs sociaux qui vont jusqu’à manipuler les symboles et messages paradoxaux que renferme le phénomène festif. Malgré le grand trouble politique de la Monarchie, notamment après l’invasion napoléonienne en Espagne (1808), l’histoire atteste encore une réelle continuité du dispositif rituel.Au carrefour d’une histoire politique et culturelle, celle du Pérou, est étudié, par le prisme du rituel, le passage de la Monarchie absolutiste à la République. C’est cette culture cérémoniale qui, une fois mise au jour, explique comment ont été imaginés, vécus et forgés l’État-nation et l’identité nationale du Pérou.

La fanfare du négus

OpenEdition Books - Architecture par Boris Adjemian il y a 23 h et 40 min - Favoriser ||  Lu/Non lu

En 1924, le prince héritier et futur empereur d’Éthiopie, ras Täfäri, en visite à Jérusalem, appelle quarante orphelins arméniens rescapés du génocide de 1915 à former la fanfare royale de son pays. Le chef d’orchestre, lui aussi Arménien, composera le premier hymne officiel de l’État éthiopien.Tirant le fil de cet événement à forte charge symbolique, et suivant l’histoire de la petite communauté arménienne en Éthiopie, Boris Adjemian montre combien elle a agi aux marges de la société politique, se dissimulant dans ses interstices, préférant l’intimité et la loyauté discrète à l’éclat de la politique ouverte. Le rôle surprenant des Arméniens dans le pays d’accueil s’incarne dans l’amitié que les rois leur portaient, thème qui rejaillit souvent dans les récits de vie recueillis auprès de leurs descendants.Mettant au jour l’importance politique et culturelle d’une communauté longtemps méconnue et qui s’est effacée, cette enquête mobilise la mémoire collective de l’immigration arménienne. L’auteur plaide pour une approche sédentaire de la diaspora, pour une socio-histoire de cet enracinement collectif qui remonte au xixe siècle, place les immigrants à mi-chemin du national et de l’étranger, tout en révélant la faculté des individus à se jouer des identités ou des appartenances.Une exploration originale de la construction sociale du national et de l’étranger en Afrique ou ailleurs.

Après la Grande Guerre

OpenEdition Books - Architecture par Thomas Grillot il y a 23 h et 40 min - Favoriser ||  Lu/Non lu

À la veille de la Première Guerre mondiale, les Amérindiens qui vivent sur le territoire américain sont des peuples colonisés à la citoyenneté incomplète. Lors de l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, un grand nombre d’entre eux – un contingent de 12 000 soldats – s’engageront pour combattre en Europe.Thomas Grillot, en focalisant son attention sur les vétérans issus des tribus des Plaines, révèle comment le conflit mondial a transformé la vie politique, sociale et culturelle des réserves indiennes. Les anciens combattants tirent de leur participation à la guerre un grand prestige aux yeux des Blancs, mais aussi et surtout aux yeux des Indiens eux-mêmes. Cela leur permet de jouer un rôle politique crucial dans les décennies qui suivent. À travers les archives militaires, les organisations de vétérans, les monuments aux morts, les cérémonies patriotiques, les funérailles ou les powwows, la mémoire de guerre dessine un demi-siècle d’histoire oublié, où se réinvente le rapport des Indiens à la société américaine.Refusant une vision progressiste de l’histoire des Indiens allant de la colonisation à l’émancipation, Thomas Grillot souligne toute la complexité du rattachement des autochtones à la nation américaine. Les débats sur le patriotisme traduisent des luttes idéologiques très vives, d’une génération à l’autre, sur la place des Amérindiens aux États-Unis, sur le respect ou non des cultures tribales et, en définitive, sur l’assimilation, en dehors de toute tutelle coloniale. Car Après la Grande Guerre pose aussi une question centrale : pourquoi et comment des peuples colonisés répondent-ils à l’injonction de défendre l’État colonial ?